Alerte olfactive en Alsace
CELLULE DE CRISE ALSACIENNE · Chronique satirique
Il est 11 h 47. Je m’apprêtais à vivre un dimanche normal, c’est-à-dire à ne rien faire, quand une odeur de baeckeoffe a traversé ma rue.

Pas une petite odeur polie. Une odeur ambitieuse. Une odeur qui entre chez vous sans retirer ses chaussures.
J’ai d’abord pensé à un accident industriel. Puis j’ai compris : quelqu’un, dans le voisinage, avait mis du vin blanc, des pommes de terre et trois viandes dans un plat en terre cuite. Sans prévenir personne.
Je pose la question : où est la mairie ? Où est la préfecture ? Où est le dispositif d’alerte aux habitants ?
Car aujourd’hui, c’est un baeckeoffe. Demain, ce sera une tarte flambée. Après-demain, une choucroute complète avec cinq sortes de saucisses et un oncle qui joue de l’accordéon dans le garage.
À partir de quel moment cesse-t-on de parler de cuisine pour reconnaître une prise de contrôle du quartier ?
J’exige au minimum : une enquête de voisinage, l’identification du responsable et, naturellement, une dégustation officielle afin de réunir les preuves.
Je vais tenter de continuer ma journée, malgré cette épreuve. Mais à 12 h 30, je sonne chez eux.
Par civisme.
