Derrière ActuRhin, il y a d’abord moi. Ce qui présente un avantage considérable : les réunions de rédaction sont généralement assez courtes.
Je m’appelle Stéphane ROSSI et je vis dans le Haut-Rhin, à Lutterbach, quelque part entre Mulhouse, les Vosges, les champs de maïs, les ronds-points et cette frontière invisible au-delà de laquelle les gens commencent à soutenir que leur manière de préparer la tarte flambée est la seule historiquement acceptable.
Je ne suis pas journaliste de formation. Mon parcours ressemble d’ailleurs assez peu à celui d’un homme qui aurait méthodiquement préparé la création d’un média local. J’ai étudié la vente, travaillé sur différents projets, puis je me suis lancé dans l’entrepreneuriat. Je cuisine, je m’intéresse au jardinage, à la mécanique, au patrimoine, à l’histoire locale, aux animaux, aux villages, aux expressions alsaciennes et à une quantité assez préoccupante de choses qui n’ont, en apparence, aucun rapport entre elles.
C’est probablement là qu’ActuRhin a commencé.
Je suis curieux. Pas cette curiosité noble qui pousse certains êtres à consacrer leur existence à l’étude des galaxies lointaines. La mienne consiste plutôt à voir une vieille bâtisse au bord d’une route et à me demander ce qu’elle faisait là en 1923, à trouver une bonbonne métallique abandonnée dans un parc et à vouloir savoir ce qu’elle contient, à découvrir une fête de village et à chercher pourquoi elle existe, ou à entendre une expression alsacienne incompréhensible et à ne plus pouvoir vivre normalement tant que quelqu’un ne m’en a pas expliqué le sens. C’est un défaut assez fatigant. Il se trouve qu’il est également pratique lorsqu’on décide de créer un média.
Depuis plusieurs années, je m’intéresse énormément à ce qui se passe autour de nous : aux communes que l’on traverse sans les regarder, aux petites histoires derrière les grandes, aux projets dont tout le monde parle sans toujours savoir précisément de quoi il retourne, aux lieux connus dont on ignore parfois presque tout.
Je passe aussi beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et dans les communautés locales. J’y ai découvert quelque chose d’assez réjouissant : les gens adorent leur territoire dès qu’on leur donne une bonne raison de le regarder. Une photographie, une histoire oubliée, une question, un souvenir et, soudain, quelqu’un raconte ce que son grand-père lui disait. Un autre retrouve une vieille carte postale. Une troisième personne explique qu’elle habitait précisément là en 1974. Et l’endroit que l’on croyait parfaitement banal cesse de l’être.
C’est exactement ce qui m’intéresse.
Je n’ai pas créé ActuRhin pour devenir celui qui sait tout. Ce serait particulièrement imprudent. Je l’ai créé parce que j’aime chercher, comprendre, vérifier et raconter. Et aussi parce que je pense qu’entre l’information officielle rédigée comme une notice de chaudière et le titre spectaculaire annonçant la fin prochaine de la civilisation à cause d’un nouveau rond-point, il existe peut-être une troisième voie : une information locale sérieuse qui reste agréable à lire.
ActuRhin parlera donc du Haut-Rhin tel que je le vois : un territoire beaucoup plus surprenant qu’il n’en a l’air. On y parlera d’actualité, bien sûr, mais aussi de patrimoine, de villages, de traditions, de lieux étonnants, d’environnement, de gastronomie, de sorties, de projets locaux et parfois de ces petits sujets apparemment insignifiants qui finissent par raconter énormément de choses sur nous.
Je ne prétends pas être infaillible. Je préfère même annoncer immédiatement la mauvaise nouvelle : il m’arrivera de me tromper. Dans ce cas, je corrigerai. Parce qu’un média sérieux n’est pas celui qui ne commet jamais d’erreur. C’est celui qui considère qu’avoir raison compte davantage que donner l’impression d’avoir toujours eu raison.
ActuRhin est indépendant. Il est encore jeune, artisanal et probablement beaucoup trop ambitieux pour le nombre de personnes actuellement présentes dans sa rédaction.
C’est-à-dire une.
Mais toutes les histoires commencent quelque part. La mienne commence ici, dans le Haut-Rhin, avec une conviction assez simple : nous habitons un territoire dont nous ne connaissons probablement qu’une petite partie.
Et j’ai bien l’intention d’aller voir le reste.
