Friches industrielles : 300 hectares de potentiel, et une stratégie foncière encore à formaliser

Le territoire de m2A compte quelque 300 hectares de friches potentiellement reconvertibles. La collectivité les connaît, mais doit encore achever plusieurs outils pour organiser ses choix.

Illustration symbolique de reconversion des friches industrielles : brique, poutrelle métallique et plans d'aménagement
Photo créée artificiellement

L’essentiel en 30 secondes

  • La Chambre régionale des comptes évalue à 300 hectares le potentiel de friches reconvertibles dans m2A, dont 60 à Mulhouse.
  • Le conseil d’agglomération du 12 octobre 2026 a examiné les suites de son rapport.
  • Le volet foncier de l’observatoire reste à finaliser ; l’inventaire des zones d’activités attend consultation et validation.
  • L’arrêt du futur PLUi est visé pour 2028.

Les anciennes usines ne disparaissent pas quand on ferme leur portail. À Mulhouse et dans son agglomération, elles laissent des terrains, des bâtiments, parfois des pollutions, et surtout une question qui survit très bien au temps : qu’en faire ?

Dans son rapport publié en 2025, la Chambre régionale des comptes Grand Est estimait à environ 300 hectares le potentiel de friches reconvertibles sur le territoire de Mulhouse Alsace Agglomération (m2A), dont 60 hectares à Mulhouse. Le rapport reconnaissait une connaissance précise et actualisée des sites. Le problème n’est donc pas que l’agglomération chercherait ses friches à tâtons.

Des outils bien réels, des validations encore attendues

La Chambre distinguait néanmoins des obligations légales à satisfaire et une stratégie à formaliser : un observatoire de l’habitat et du foncier, un inventaire arrêté des zones d’activités économiques et une stratégie foncière clairement définie. Lors du conseil d’agglomération du 12 octobre 2026, m2A a présenté les suites données à ce contrôle.

Selon cette réponse, le volet « habitat » de l’observatoire a été diffusé en juin 2026, tandis que le volet foncier est en voie d’achèvement. L’inventaire des zones d’activités est réalisé, avec les parcelles, leurs propriétaires, leurs occupants et la vacance. Reste à consulter officiellement les propriétaires et les occupants, puis à faire arrêter l’inventaire par le conseil. Le dossier avance ; la dernière signature n’est pas encore au bon endroit.

La véritable question : quelles friches en priorité ?

Définir une stratégie foncière, ce n’est pas seulement dresser un état des lieux : il faut hiérarchiser les terrains à mobiliser pour le logement, l’économie ou les équipements, tout en préservant les espaces naturels. m2A indique travailler sur cette priorisation dans le futur plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), dont l’arrêt est visé en 2028.

Des opérations existent déjà, notamment autour des sites Amélie 3 et 4 et du secteur RAMPARC à Habsheim. La Chambre avait également examiné les transformations de DMC et de la Fonderie, avec leurs contraintes techniques et financières. Autrement dit, l’action n’est pas suspendue à la production d’un document supplémentaire.

Mais la question décisive reste entière : parmi les terrains identifiés, lesquels seront reconvertis d’abord, pour quels usages, à quel coût et avec quel calendrier ? L’avenir des friches ne se joue pas seulement dans les inventaires. Il se joue au moment de choisir.

Sources

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