À Colmar, on va réaménager la place Jeanne-d’Arc. Et on vous demande votre avis.

Il existe des questions auxquelles il vaut mieux ne jamais répondre. « Où veux-tu manger ce soir ? » « Quelle couleur pour le salon ? » Et désormais : « Que voulez-vous faire de la place Jeanne-d’Arc ? »
La Ville de Colmar vient en effet de lancer une concertation citoyenne pour préparer son réaménagement. Habitants, commerçants et simples usagers peuvent donner leur avis grâce à un questionnaire ouvert jusqu’au 15 septembre 2026. Un atelier avec les riverains est également prévu en septembre.
Je trouve la démarche courageuse.
Quand une place devient un problème de civilisation
Parce qu’une place, sur le papier, c’est très simple. C’est un espace. Puis on demande aux gens ce qu’ils veulent en faire. Et soudain, l’espace devient un problème de civilisation.
Il faut de la verdure. Mais pas trop loin des commerces. Des piétons. Mais aussi pouvoir venir facilement. Des terrasses. Du calme. De l’animation. De l’ombre. De la lumière. Et, si possible, davantage de tout sans retirer quoi que ce soit.
Je partage entièrement cette ambition. Je voudrais moi aussi une ville plus verte, plus calme, plus vivante, parfaitement accessible et dans laquelle je puisse mystérieusement me garer exactement devant l’endroit où je vais. Je considère que la technologie finira par régler ce détail.
Après la place de la Cathédrale
La place Jeanne-d’Arc arrive après le réaménagement de la place de la Cathédrale, dans cette transformation progressive du centre-ville colmarien. Cette fois, la Ville demande donc aux habitants ce qu’ils pensent avant de décider.
C’est une excellente idée. C’est aussi une manière assez efficace de découvrir qu’il existe autant de définitions d’une « belle place » que de personnes qui la traversent.
Le commerçant n’y voit pas forcément la même chose que le promeneur. Le riverain n’a pas nécessairement les mêmes priorités que celui qui vient passer l’après-midi à Colmar. Et celui qui habite à trois rues de là possède généralement une théorie extrêmement précise sur la circulation.
Je le sais. Je fais partie de cette catégorie d’experts qui deviennent urbanistes dès qu’un panneau « travaux » apparaît.
Donner son avis sera la partie facile
La consultation est donc ouverte jusqu’au 15 septembre. On peut donner son avis. Il faudra ensuite faire quelque chose de beaucoup plus difficile.
Choisir.
Et là, quoi qu’il arrive, quelqu’un expliquera que c’était mieux avant.
