Municipales dans le Haut-Rhin : voter une fois, c’est bien. Deux fois, c’est plus prudent.

Dans plusieurs communes du Haut-Rhin, les élections municipales ont été annulées. Des mois de campagne, des milliers de bulletins, des élus installés… et parfois, il suffit d’un mot oublié pour que la démocratie réclame un second service.

Illustration des élections municipales annulées dans le Haut-Rhin

À Nambsheim, une candidate était allemande. Tout le monde semblait le savoir, sauf son bulletin de vote. Résultat : les suffrages de toute une liste invalidés, une élection annulée et des habitants priés de recommencer. On découvre ainsi qu’en démocratie, ce qui compte n’est pas seulement ce que pense l’électeur, mais également ce que sait l’imprimeur.

À Wattwiller, le problème était inverse. Un ancien maire avait conservé la mention « maire » sur son bulletin. Il ne l’était pourtant plus depuis 2020. Prévenu du problème, il avait préféré garder son titre. Trois petites voix séparaient les listes. La justice a annulé le scrutin et les habitants sont retournés voter en septembre. Le passé avait manifestement pris un peu trop de place sur le papier.

Le bulletin, ce document à haut risque

À Wittelsheim, une nationalité italienne oubliée sur un bulletin et une polémique publiée trop tard sur Facebook ont conduit la justice à annuler les élections le 6 octobre. Dix-sept voix séparaient les deux premières listes. Un appel reste possible. La démocratie locale se pratique désormais avec un calendrier, une calculatrice et, de préférence, un excellent relecteur.

Et il y a Pfastatt, Berentzwiller, Soultzbach-les-Bains… La liste des communes concernées commence à ressembler à un circuit touristique. Avec cette particularité que les visiteurs sont parfois obligés de revenir.

La démocratie, frais de port compris

Je croyais naïvement qu’une élection servait à choisir un maire. J’apprends qu’elle permet aussi de vérifier laaprès leur utilisation.

Reste une question légèrement inconvenante : qui paie pour recommencer ? Les bulletins, les bureaux de vote, l’organisation… Tout cela a un coût. Pour l’instant, nous ignorons lequel. Il faudra sans doute remplir un formulaire pour le savoir.

En attendant, une certitude demeure : voter est un droit.

Recommencer semble devenir une spécialité locale.

Sources

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