LA ZWATSCHGAWAYAFASCHT N’A PAS COMMENCÉ COMME VOUS LE CROYEZ
À Pfastatt, la Zwatschgawayafascht ne se présente plus. Ce qui tombe bien, parce que son histoire, elle, mérite encore quelques explications.
On connaît les tartes aux quetsches, la foule, les stands, et cette étrange décision collective consistant à organiser une grande fête… un mercredi. Mais la Zwatschgawayafascht telle qu’on la connaît aujourd’hui remonte à 1980. La tradition, elle, est plus ancienne.
Avant les stands, avant les food trucks, avant les animations et les concours, Pfastatt célébrait déjà la quetsche à l’occasion de la Saint-Maurice, patron de la commune. La coutume voulait alors que les familles préparent une tarte aux quetsches. C’était moins spectaculaire. Mais probablement beaucoup plus dangereux pour les régimes alimentaires.
En 1980, les commerçants de Pfastatt et de Richwiller, accompagnés d’artisans, décident de transformer cette tradition en véritable manifestation. La présidente fondatrice est Jacqueline Utzinger. Et là, premier détail délicieux : la deuxième édition, en 1981, ne se déroule même pas à Pfastatt. Elle a lieu à Richwiller. J’ignore combien de Pfastattois étaient prêts à céder leur fête aux voisins. Manifestement, pas beaucoup. Elle reviendra ensuite à Pfastatt pour ne plus vraiment en partir.
Autre étrangeté magnifique : la fête s’est installée en pleine semaine. Traditionnellement, la Zwatschgawayafascht se tient le troisième mercredi de septembre. Un mercredi. Pas un samedi. Pas un dimanche. Un mercredi, lorsque les gens normaux sont théoriquement occupés à travailler. La théorie a ses limites.
La presse racontait déjà que certains habitants posaient un jour de congé pour venir et que cette journée était devenue l’occasion annuelle de croiser une quantité impressionnante de connaissances. Voilà peut-être la véritable définition d’une fête populaire : réussir à convaincre des adultes de sacrifier une journée de congé pour manger une tarte et discuter au milieu de la rue.
Avec les années, Pfastatt n’a d’ailleurs pas fait les choses à moitié. Pour la 40e édition en 2019, les boulangers auraient préparé près de 5 000 tartes aux quetsches en une seule journée. Cinq mille. À ce niveau-là, nous ne sommes plus vraiment dans la pâtisserie. Nous sommes dans la logistique militaire.
Cette année-là, les vitrines des commerces présentaient également des photos retraçant quarante années de fête. Les personnes qui se reconnaissaient sur certaines images pouvaient gagner une tarte aux quetsches. Le concept me plaît énormément. Vieillir est déjà une épreuve. Être identifié sur une photo vieille de trente ans mérite effectivement une compensation.
La fête a même eu sa Reine des quetsches. Et en 2009, pour la 30e édition, le programme annonçait l’élection de « Miss Quetsches Senior ». Je n’ai aucun commentaire intelligent à ajouter. Tout est déjà dans le titre.
Il existe également Quetschie, petite quetsche coiffée à l’alsacienne, devenue en 2019 le sujet d’une fève consacrée au patrimoine de Pfastatt. À partir du moment où un fruit possède une mascotte, une reine et sa propre fête annuelle, il faut accepter une évidence : la quetsche a gagné.
Cette année, la 45e Zwatschgawayafascht aura lieu le mercredi 16 septembre 2026, de 8 h à 18 h, dans le centre-ville piétonnisé de Pfastatt. Près de 80 exposants sont annoncés. Il y aura des artisans, des commerçants, des animations pour les enfants, de la restauration, des démonstrations, un défilé de mode et, naturellement, le concours de tartes maison. Les tartes du concours pourront être déposées de 9 h à 12 h 30. Le jury se réunira à partir de 14 h et les résultats seront annoncés à 15 h 30.
Mais j’aimerais surtout profiter de cette 45e édition pour faire appel aux mémoires. Quel est votre plus ancien souvenir de la Zwatschgawayafascht ? Avez-vous connu les premières éditions ? La fête à Richwiller en 1981 ? Les anciennes animations ? Des commerçants aujourd’hui disparus ? Des photos qui dorment quelque part dans une boîte ? Racontez-les en commentaire.
Parce qu’avant d’être une manifestation inscrite sur un programme, cette fête semble surtout être devenue une gigantesque collection de souvenirs. Avec des quetsches dedans. Beaucoup de quetsches.
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Petite précision : je ne suis ni l’organisateur ni associé à l’organisation de la Zwatschgawayafascht. Je partage simplement l’événement à titre informatif. Toute réclamation concernant une pénurie de tartes aux quetsches devra donc être adressée à quelqu’un de beaucoup plus compétent que moi.
Sources : dna.fr • mag.mulhouse-alsace.fr • pfastatt.fr • yumpu.com • panneau-pocket.s3.gra.perf.cloud.ovh.net
