Mulhouse : vélos et trottinettes électriques interdits sur le plateau piéton

Depuis le 14 août, la circulation des trottinettes électriques, vélos à assistance électrique, monoroues, gyropodes et hoverboards est interdite sur l’ensemble du plateau piéton, tous les jours de 11 h à 20 h. Interdite de circuler, pas d’exister. Il reste permis de pousser son engin à côté de soi, ce qui transforme momentanément le vélo électrique en objet de promenade.

Les vélos classiques restent autorisés

J’ai d’abord cru, comme beaucoup probablement, que tous les vélos étaient concernés. Le panneau n’aide pas énormément à la sérénité intellectuelle. Mais non. Les vélos classiques peuvent continuer à circuler. Ils doivent simplement le faire au pas et en laissant la priorité aux piétons. Le vélo musculaire conserve donc son privilège. Pour une fois que l’absence de batterie procure un avantage social, il convenait de le signaler.

Le périmètre, lui, est vaste. Il ne s’agit plus seulement de quelques rues commerçantes. Sont notamment concernés la rue du Sauvage, la rue des Maréchaux, les rues des Tondeurs, Paille, Lambert, du Marché, du Werkhof, des Charrons, du Moulin, Engelmann, de la Moselle, de la Meurthe, de la Justice, du Bastion, des Bouchers, des Boulangers, Henriette, de la Lanterne, Mercière, Roger-Jaquel, des Archives, des Franciscains, Bonbonnière, des Bons-Enfants, des Tanneurs, de l’Arsenal et la Grand’Rue.

À cela s’ajoutent plusieurs places et passages du cœur historique, parmi lesquels les places de la Réunion, des Victoires, Lambert, des Maréchaux, des Tonneliers, Lucien-Dreyfus et de la Concorde. Bref, si vous aviez imaginé contourner élégamment le problème par la rue d’à côté, il faudra parfois prévoir une rue située franchement beaucoup plus à côté.

Une interdiction qui s’est progressivement étendue

La mesure n’est d’ailleurs pas tombée du ciel. Pendant le marché de Noël 2025, une première expérimentation avait interdit, de 10 h à 21 h, les engins électriques mais également les vélos classiques dans sept secteurs particulièrement fréquentés du centre-ville.

Puis, à partir du 1er janvier 2026, le dispositif avait été maintenu sous une forme plus légère : les mercredis et samedis, de 14 h à 20 h, les vélos électriques et autres engins motorisés devaient mettre pied à terre dans ce même périmètre. Les vélos classiques avaient alors retrouvé leur liberté.

Pendant les six semaines du marché de Noël, quatre verbalisations avaient été dressées : une pour un cycliste et trois pour des utilisateurs de trottinettes. La Ville considérait alors que la mesure avait été plutôt bien respectée.

Elle reconnaissait également ne pas disposer de statistiques précises sur les accidents, tout en indiquant que des accidents entre engins électriques et piétons se produisaient régulièrement. Une femme avait notamment été renversée par une trottinette électrique dans le secteur de Porte Haute.

La généralisation actuelle n’est pas non plus complètement une surprise politique. Frédéric Marquet avait inscrit dans son programme municipal la création d’une zone « pied à terre » sur le plateau piéton, pour les vélos et les trottinettes, de 10 h à 20 h. La version finalement adoptée est un peu différente : l’interdiction commence à 11 h et les vélos sans assistance électrique ne sont pas concernés.

Pas de vote du conseil municipal

Il y a cependant un détail que je trouve intéressant. Cette décision n’a pas été votée par le conseil municipal. J’ai cherché le vote. Il n’existe pas.

La dernière séance du conseil municipal avant l’annonce avait eu lieu le 25 juin et la suivante est prévue le 24 septembre. L’interdiction relève en réalité des pouvoirs de police du maire et a été prise par arrêté municipal.

Autrement dit, aucun débat solennel au conseil, aucune rangée de bras levés, aucun conseiller municipal hésitant héroïquement entre l’abstention et l’envie d’aller dîner.

Un arrêté.

La Ville prévoit d’abord une période de sensibilisation et de médiation. Aucune verbalisation ne doit intervenir jusqu’à la rentrée. Ensuite, l’amende pourra atteindre 150 euros. Les VéloCité et les livreurs utilisant des engins concernés sont soumis aux mêmes règles.

À partir de 11 heures, donc, le centre de Mulhouse retrouvera une hiérarchie très simple.

Le piéton marche. Et désormais, le vélo électrique aussi.

Les sources utilisées : mplusinfo.fr ; mulhouse.fr ; dna.fr ; legifrance.gouv.fr ; marquet2026.fr ; jds.fr

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