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Manifestations : et si nous parlions enfin de ce que réclament les manifestants ?

Le 17 octobre, nous avons compté les vitrines cassées. Le 24, nous nous sommes réjouis qu’elles soient restées entières. Entre les deux, nous avons compté les policiers, les interpellations et les barrières. Nous avons même équipé notre cigogne comme un CRS. Un travail remarquable. À un détail près : nous avons presque oublié de nous demander pourquoi tous ces gens manifestaient.

Illustration symbolique d'une pancarte en carton « Vivre de notre travail » posée sur les pavés, avec une plume de cigogne et un agent CCA en retrait.
Image créée artificiellement

Et si nous écoutions un peu ?

À Mulhouse et Colmar, le samedi 24 octobre s’est déroulé sans nouvelles destructions signalées. Les commerçants peuvent souffler, les habitants aussi. Et notre cigogne, qui commençait à développer une certaine affection pour son bouclier, va pouvoir reprendre une existence normale.

Mais maintenant que le calme est revenu, prenons quelques instants pour réfléchir.

Depuis plusieurs jours, une question semble passionner tout le monde : y aura-t-il de la casse ? Nous aussi, à ActuRhin, avons participé à ce grand concours de comptabilité du mobilier urbain. Nous plaidons coupables.

Pendant ce temps, des lycéens réclament davantage d’enseignants, des classes moins chargées et la suppression de Parcoursup. Des étudiants demandent de meilleures conditions de vie. Des salariés et des retraités réclament une amélioration de leur pouvoir d’achat et la défense des services publics.

Des revendications différentes, parfois, mais qui méritent au moins qu’on les examine.

Alors, une question nous dérange : faut-il casser quelque chose pour être entendu ?

Bien sûr que non. Les violences ne rendent aucune revendication plus légitime. Mais il serait tout aussi regrettable que l’absence de violence suffise à faire disparaître les revendications de l’actualité.

Lundi, on change de comptabilité

Vendredi 23 octobre, Emmanuel Macron a reçu des représentants lycéens. De nouveaux engagements gouvernementaux sont attendus ce lundi 26 octobre, notamment sur les effectifs des classes, le remplacement des enseignants et Parcoursup.

Tout ne sera probablement pas réglé en une matinée. Mais nous pourrons commencer à distinguer les promesses des mesures concrètes.

D’ici là, apprécions ce retour au calme. Il est précieux. Les commerçants n’ont pas à subir les violences, les manifestants pacifiques n’ont pas à en porter la responsabilité, et les revendications méritent mieux que de disparaître derrière une barricade.

Lundi, promis, nous ne compterons plus les vitrines. Nous compterons les réponses.


Sources

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