À Mulhouse, l’hiver commence le 1er octobre. C’est écrit dans les horaires.
Le calendrier annonce encore l’automne et le changement d’heure attendra quelques semaines. Mais depuis ce 1er octobre, une partie de Mulhouse vit déjà officiellement en hiver. Les parcs ferment plus tôt, la police municipale change de rythme et même les cimetières ont leur propre définition de la saison froide.

Il peut encore faire doux, les arbres peuvent conserver leurs feuilles et octobre prendre son temps : depuis ce matin, à Mulhouse, c’est l’hiver.
Pas l’hiver météorologique, évidemment. Celui-là fait encore ce qu’il veut. L’hiver administratif, en revanche, est ponctuel. Il commence le 1er octobre.
À 19 h, Steinbach a déjà changé de saison
Au parc Steinbach, hier encore, on pouvait traîner jusqu’à 21 h. Désormais, à 19 h, terminé. Salvator ferme à 20 h au lieu de 21 h 30. Au parc Jaquet, on perd deux heures et demie le soir et même une heure le matin : ouverture à 8 h 30 au lieu de 7 h 30.
Les arbres n’ont pas été consultés.
La police municipale, elle aussi, a reçu le calendrier. À compter du 1er octobre, ses horaires ordinaires d’intervention s’arrêtent à 22 h 30 au lieu de 0 h 30. La brigade de nuit, elle, commence plus tôt : 19 h au lieu de 21 h, pour terminer à 4 h au lieu de 6 h. À minuit, la température pourra être exactement la même que la veille ; l’organisation, elle, aura changé de saison.
Et Mulhouse n’est pas seule à avoir sorti l’hiver du placard. À Horbourg-Wihr, Colmar Agglomération classe elle aussi la période d’octobre à mars dans les « horaires d’hiver » de son centre de recyclage, avec une fermeture à 17 h.
Même l’hiver n’arrive pas partout en même temps
Le plus réjouissant est que cet hiver administratif n’a même pas réussi à se mettre d’accord avec lui-même.
À Mulhouse, les cimetières ont leur propre calendrier. Pour eux, la période hivernale ne commencera que le premier lundi qui suit la Toussaint. Jusque-là, pendant que Steinbach, Salvator et Jaquet vivront déjà sous régime hivernal, les cimetières seront encore officiellement en période estivale.
On peut donc, le même jour et dans la même ville, quitter un parc parce que l’hiver est arrivé, puis entrer dans un cimetière où l’été n’est pas encore terminé.
Le changement d’heure, lui, attendra encore quelques semaines.
L’administration, manifestement, n’aime pas être prise de court.
