Un client mange une tarte flambée avec une fourchette : la Cellule de crise alsacienne intervient

Dans un restaurant alsacien, un client a commis l’impensable : manger une tarte flambée avec une fourchette. Le patron a tenté de raisonner l’individu avant de faire appel à la Cellule de crise alsacienne.

Un client dans un restaurant alsacien s'apprête à manger une tarte flambée avec une fourchette et un couteau
Photo créée artificiellement

CELLULE DE CRISE ALSACIENNE · CHRONIQUE SATIRIQUE

Tout avait pourtant bien commencé dans ce restaurant traditionnel. Les tartes flambées sortaient du four, les verres de riesling circulaient et personne n’avait encore demandé de ketchup.

À 20 h 14, un serveur remarqua quelque chose d’inhabituel à la table numéro six. Un client venait de saisir une fourchette.

L’homme découpa un morceau de tarte flambée avec son couteau, le piqua avec sa fourchette et le porta à sa bouche.

Il recommença.

Le serveur retourna immédiatement en cuisine.

— Patron, on a un problème.
— Encore une tarte brûlée ?
— Non. C’est plus grave.

Le patron passa la tête par la porte, observa la table numéro six, puis demanda ses lunettes.

— Il est alsacien ?
— Il dit qu’il vient de Strasbourg.
— Ça ne prouve rien.

Une situation délicate

Le patron décida d’intervenir personnellement.

— Monsieur, excusez-moi. Tout se passe bien ?
— Très bien, merci. Elle est excellente, votre tarte flambée.
— Et… vous êtes à l’aise ?
— Parfaitement.

Le patron désigna discrètement les couverts.

— Vous savez que vous pouvez utiliser vos mains ?
— Oui, mais je préfère comme ça.

Le patron accusa le coup.

Il avait repris le restaurant de son père, qui le tenait lui-même de son grand-père. En quarante-deux ans de métier, il avait connu des clients difficiles, des réservations oubliées et même une demande de tarte flambée sans oignons.

Mais jamais personne n’avait revendiqué aussi tranquillement l’usage d’une fourchette.

À 20 h 23, il contacta la Cellule de crise alsacienne.

Une médiation difficile

Deux agents arrivèrent peu après. Le plus expérimenté demanda à voir les couverts.

— Vous avez commencé par le couteau ou par la fourchette ?
— Je ne sais plus.
— Essayez de vous souvenir.

Le client expliqua qu’il mangeait toujours ses pizzas avec des couverts et ne voyait pas le problème.

L’agent nota cette déclaration.

— Monsieur, une tarte flambée n’est pas une pizza.
— Je sais.
— Alors pourquoi la traitez-vous comme telle ?

Le client ne répondit pas.

Après concertation, les agents proposèrent un compromis : l’homme terminerait sa tarte flambée avec les mains et le restaurant renoncerait à signaler l’incident à la fédération des restaurateurs.

Le client accepta. Il posa sa fourchette, replia un morceau de tarte flambée et le porta à sa bouche.

Le patron poussa un soupir de soulagement.

— Vous voyez, monsieur, ce n’est pas compliqué.
— Effectivement. Mais vous auriez une serviette ? Je me suis sali les doigts.

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