Colmar, 3e ville de France pour l’intensité touristique : et les habitants ?
Dix nuitées touristiques par habitant en 2025, et une troisième place nationale parmi les grands centres urbains. Colmar sait attirer les visiteurs. Reste à savoir comment elle compte garder de la place pour ceux qui y vivent.

L’essentiel en 30 secondes
- Colmar totalise 762 000 nuitées réservées sur trois plateformes en 2025.
- Avec dix nuitées par habitant, elle se classe 3e des grands centres urbains français en intensité touristique.
- Entre 2017 et 2023, résidences secondaires et logements occasionnels progressent de 576 ; aucun lien direct avec le tourisme n'est démontré.
- La Ville réglemente ces locations depuis 2019.
Colmar ne manque pas d’admirateurs. Ses colombages ont leurs fidèles, ses canaux leurs photographes, et ses appartements leurs visiteurs. La ville est devenue une destination que l’on réserve volontiers. Y habiter à l’année relève d’une démarche un peu moins spontanée.
En 2025, Airbnb, Booking et Expedia Group ont comptabilisé 762 000 nuitées à Colmar, selon l’Insee. Rapporté à sa population, cela représente dix nuitées par habitant, ce qui place la ville au troisième rang des grands centres urbains français. En nombre total de nuitées, elle n’est pourtant que quinzième. La gloire tient parfois à une division.
Autre particularité : 78 % des nuitées concernent des visiteurs résidant à l’étranger. On vient de loin pour découvrir Colmar, puis on repart. C’est le principe même du tourisme. Les habitants, eux, ont cette étrange habitude de vouloir rester.
Et c’est là que les chiffres deviennent moins réjouissants. Entre 2017 et 2023, la commune a gagné 313 résidences principales, tandis que le nombre de résidences secondaires et de logements occasionnels augmentait de 576. Même les logements vacants ont progressé. On aurait tort, cependant, de faire porter toute la responsabilité aux touristes : une résidence secondaire n’est pas nécessairement une location saisonnière, et ces données ne prouvent pas que les visiteurs ont chassé les habitants.
La question mérite néanmoins mieux qu’un sourire sur une brochure touristique.
Depuis 2019, la Ville encadre les changements d’usage des logements destinés à la location touristique. Le règlement a été renforcé en 2022, avec des obligations de compensation dans certains cas. Derrière ces dispositions peu romanesques se cache une idée assez simple : un appartement n’est pas seulement un hébergement que l’on réserve pour trois nuits.
Colmar n’a pas à choisir entre accueillir le monde et loger ses habitants. Il faudrait simplement qu’au milieu des visiteurs qui ont une heure de départ, on continue à croiser des habitants qui n’en ont pas.
