Tour de l’Europe : que va devenir le gratte-ciel de Mulhouse ?

La Tour de l’Europe domine Mulhouse depuis plus d’un demi-siècle. On la voit de partout. Elle aussi nous voit de partout, ce qui est légèrement plus inquiétant.

Mais derrière ses cent mètres et son élégance triangulaire très années 1970, la vieille dame traverse une période compliquée. Copropriété fragile, façades vieillissantes, restaurant panoramique fermé : la Tour a connu des jours meilleurs.

Mulhouse n’a pourtant aucune intention de la laisser finir sa carrière en immense porte-manteau pour antennes.

Tour de l’Europe à Mulhouse vue en contre-plongée
Crédit photo : Mehdi B.

Une Tour qu’il faut d’abord remettre d’aplomb

Le problème n’est pas seulement architectural. Il est aussi financier.

En 2024, la copropriété cumulait environ 1,7 million d’euros d’impayés. Une somme qui permet de comprendre pourquoi changer trois ampoules dans le hall ne suffira probablement pas.

La Ville s’est donc engagée dans une stratégie plus large. Avec CDC Habitat, elle prévoit notamment l’acquisition de 30 lots sur trois ans afin de stabiliser la copropriété.

Parallèlement, deux études doivent déterminer comment engager une rénovation beaucoup plus sérieuse : remplacement des trois grandes façades vitrées, isolation des pignons et diagnostic des réseaux d’eau et de chauffage.

Les études seules représentent près de 125 000 euros TTC.

À ce tarif-là, on espère qu’elles étudieront avec beaucoup d’application.

Mais que veut-on faire de cette Tour ?

C’est désormais la vraie question.

Fin 2025, la Ville a engagé une étude destinée à préparer un appel à manifestation d’intérêt autour de la reconversion de la Tour de l’Europe, avec l’accompagnement de l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de réparer ce qui fuit et de repeindre ce qui fait peur.

Il faut décider ce que la Tour doit devenir.

Parmi les pistes évoquées figure l’installation de services municipaux, éventuellement sur un étage entier. Une manière de ramener de l’activité dans l’immeuble et de participer à sa revitalisation.

Ce qui donnerait à certains agents municipaux un avantage considérable : lorsqu’un administré les énervera, ils pourront regarder l’horizon.

Et tout là-haut, le restaurant attend

Reste le morceau le plus fascinant de l’histoire : le restaurant panoramique.

Perché au sommet de la Tour, il possédait ce luxe absolument merveilleux consistant à tourner sur lui-même.

Parce que manger immobile à cent mètres d’altitude aurait manifestement manqué d’ambition.

La Ville a acquis les locaux en 2019. Des travaux ont ensuite été engagés et un appel à projets lancé en 2024 pour imaginer son avenir.

À l’automne 2025, la municipalité indiquait disposer de plusieurs pistes et travailler également à une occupation transitoire permettant au public de retrouver le sommet.

Pour l’instant, cependant, pas de date récente et ferme permettant d’annoncer la réouverture définitive du restaurant.

Le panorama devra donc patienter.

Et nous avec.

Le pied de la Tour doit également changer

La réflexion descend heureusement jusqu’au rez-de-chaussée.

La Ville veut également travailler sur le pied de la Tour, ses espaces extérieurs et ses relations avec le centre commercial, le centre-ville et les déplacements autour du bâtiment.

C’est probablement indispensable.

Un gratte-ciel peut être magnifique à cent mètres de hauteur ; si son rez-de-chaussée donne envie d’accélérer le pas, il reste un petit problème d’urbanisme.

Et maintenant ?

La Tour est toujours là. Cent mètres de béton, de verre et de complications administratives. À ce niveau-là, c’est presque du patrimoine.

Elle avait été construite pour incarner le Mulhouse moderne.

Un demi-siècle plus tard, il lui reste un défi :

devenir moderne une deuxième fois.

Sources

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