Wittelsheim : 800 emplois annoncés, mais quel avenir pour le carreau Amélie ?

Sur l’ancien carreau minier Amélie, à Wittelsheim, un projet logistique d’envergure se précise. Un centre de distribution d’environ 127 500 m² pourrait voir le jour sur 28 hectares, avec quelque 800 emplois annoncés à terme. Entre reconversion industrielle et préservation des milieux naturels, le dossier soulève plusieurs questions qui restent ouvertes.

Le carreau minier Amélie I à Wittelsheim en 2006, photographie d'archive
Le carreau Amélie I en 2006. Archive : Melaine, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0, photo non recadrée), photo historique ne reflétant pas l’état actuel du site.

L’essentiel en 30 secondes

  • Scannell Properties envisage un centre de distribution de 127 500 m² sur environ 28 hectares du carreau Amélie à Wittelsheim.
  • Le projet annonce quelque 800 emplois à terme, sous réserve des autorisations nécessaires.
  • La concertation a compté 182 visiteurs distincts sur le dossier en ligne, mais une seule contribution écrite, déposée par Alsace Nature.
  • Les effets sur la biodiversité, les déplacements et le cadre de vie restent à préciser.

Un projet logistique déjà identifié

Le 12 octobre 2026, Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) a arrêté le bilan de la concertation préalable à une modification du plan local d’urbanisme (PLU) de Wittelsheim. Le changement envisagé élargirait les possibilités d’implantation d’entrepôts sur une partie de l’ancien site minier, pour un espace d’activité de près de 30 hectares.

Mais une autre délibération, adoptée le 6 juillet, apporte des précisions déterminantes. L’agglomération a approuvé le principe de la cession d’environ 28 hectares à Scannell Properties, sous plusieurs conditions. Le projet présenté est celui d’un centre de distribution de 127 500 m². Le chiffre de 800 emplois constitue une prévision inscrite dans cette délibération, et non un recrutement confirmé.

L’identité de l’entreprise qui exploiterait le futur centre n’est pas précisée dans les documents consultés. Le compromis de vente prévoit notamment la conclusion d’un bail entre le développeur et son client, ainsi que l’obtention des autorisations nécessaires. Les travaux de desserte et de viabilisation seraient pris en charge par m2A.

182 visiteurs distincts, une seule contribution

Du 15 juillet au 15 septembre 2026, le public pouvait consulter le dossier et formuler des observations. Selon le bilan officiel, la page consacrée à la procédure a enregistré 282 visites, correspondant à 182 visiteurs distincts. Une seule contribution écrite a été reçue : celle de l’association Alsace Nature.

Ce contraste interroge. Il ne permet cependant pas de conclure que les habitants approuvent le projet, ni qu’ils s’y opposent : une visite de page n’est pas un avis, et l’absence de contribution n’est pas un vote. La collectivité juge la concertation satisfaisante au regard des modalités prévues ; la question de la participation effective reste entière.

Une friche qui a aussi retrouvé de la nature

Alsace Nature met en garde contre les effets cumulés des aménagements sur un secteur déjà marqué par les activités minières et industrielles. L’association attire notamment l’attention sur des milieux naturels secondaires apparus au fil du temps et sur des enjeux identifiés pour la faune. Elle demande que les atteintes éventuelles et leurs compensations soient examinées.

m2A défend, de son côté, la réutilisation d’un terrain anciennement transformé par l’industrie, plutôt que l’extension sur des terres agricoles. Elle indique vouloir préserver certains espaces, parmi lesquels le terril, des boisements et des landes inventoriées, et annonce des études pour éviter ou réduire les impacts. Ces intentions ne remplacent pas les autorisations et mesures concrètes qui devront être vérifiées dans la suite de la procédure.

Emplois, camions, cadre de vie : quelles garanties ?

Pour les habitants, l’enjeu ne se résume pas à un nombre d’hectares. Combien de poids lourds emprunteraient chaque jour les voies d’accès ? Quels itinéraires seraient retenus ? Quelle part des emplois annoncés correspondrait à des recrutements locaux et à quels types de postes ? Les documents examinés ne permettent pas encore d’apporter une réponse chiffrée à ces questions.

Le projet évoque des objectifs de performance environnementale pour le bâtiment, notamment des certifications visées et une installation photovoltaïque. Leur réalisation, tout comme les impacts réels du futur centre et les éventuelles compensations écologiques, devra être documentée avant de pouvoir dresser un bilan.

La décision du 12 octobre ne vaut pas autorisation de construire

Le conseil d’agglomération a arrêté un bilan de concertation, sans approuver définitivement la modification du PLU ni autoriser la construction de l’entrepôt. Le dossier doit encore passer par les étapes environnementales et une participation du public par voie électronique. La délibération relative à la cession évoquait une modification du PLU envisagée au printemps 2027, sous réserve de l’avancement de la procédure.

L’ancien carreau Amélie pourrait ainsi retrouver une activité économique importante. Reste à savoir comment le projet précisera sa promesse d’emplois, sa place dans la circulation locale et ses conséquences sur les espaces qui se sont renaturés depuis l’arrêt de l’exploitation minière.

Sources

Délibération m2A n° 2026/274C du 12 octobre 2026 (bilan de concertation et réponse aux observations d’Alsace Nature).

Délibération m2A n° 2026/29B du 6 juillet 2026 (cession projetée, Scannell Properties, bâtiment et emplois prévisionnels).

Présentation du projet par la Ville de Wittelsheim.

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