La question qui fâche : après Vendenheim, faut-il encore forer profondément en Alsace ?

La géothermie profonde promet une énergie locale et, désormais, du lithium extrait du sous-sol alsacien. Mais le souvenir des séismes de Vendenheim est encore frais. Alors faut-il continuer à forer, au risque de revivre le même scénario ?

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Le débat serait plus simple si les deux camps racontaient n’importe quoi. Ce n’est pas le cas.

Ceux qui défendent ces projets rappellent que la géothermie permet de produire de la chaleur localement, sans brûler de gaz à chaque coin de rue. Le lithium, lui, est devenu une matière stratégique pour les batteries et l’Europe cherche à dépendre moins des importations. En Alsace, le sous-sol possède les deux : de la chaleur et du lithium dissous dans les saumures profondes.

Sur le papier, l’idée a donc de solides arguments.

Mais Vendenheim a laissé des traces

À quelques kilomètres de Strasbourg, les opérations géothermiques de Vendenheim ont provoqué une série de séismes. Le site a été arrêté et le risque de sismicité induite est depuis devenu impossible à balayer d’un revers de main.

Aujourd’hui, la société 2gré souhaite poursuivre ses recherches en Alsace et plusieurs secteurs sont étudiés pour de nouveaux forages. L’Autorité environnementale estime elle-même que la sismicité, l’eau et le bruit font partie des principaux enjeux du projet. Elle demande également que plusieurs éléments du dossier soient mieux documentés.

Les promoteurs assurent que les techniques de surveillance ont progressé et que les nouvelles campagnes géologiques permettent de mieux connaître les failles du sous-sol. Les opposants répondent qu’on avait déjà beaucoup étudié Vendenheim avant que la terre ne se mette à trembler.

Et c’est là que la question devient moins confortable.

La question qui fâche

Après l’expérience de Vendenheim, faut-il encore accepter de nouveaux forages géothermiques profonds en Alsace ?

Produire une énergie locale et extraire du lithium valent-ils le risque, même encadré, d’une nouvelle sismicité induite ?

Ou faut-il considérer que, dans une région densément habitée, certaines ressources doivent simplement rester sous nos pieds ?

Et vous : faut-il poursuivre, mieux encadrer ou renoncer à ces projets ?

Sources

Ministère de l’Économie — Participation du public sur les permis « Strasbourg » et « Plaine du Rhin », septembre 2026.

Autorité environnementale — Avis n°2025-054 sur les permis « Strasbourg » et « Plaine du Rhin ».

Tribunal administratif de Strasbourg — Réexamen de la demande de permis de la société 2gré après le refus de l’État.

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