Le Match : pomme française VS pomme bio espagnole
À gauche : une pomme française, conventionnelle, propre sur elle et très fière de son drapeau. À droite : une pomme bio espagnole, qui a traversé les Pyrénées avec l’étiquette légèrement suspecte. Aujourd’hui, elles se battent sur un seul terrain : les pesticides.

Une étude menée pour Greenpeace en 2015 a fait analyser 126 échantillons de pommes provenant de 11 pays européens. Le laboratoire recherchait environ 500 pesticides et métabolites.
Premier round : le bio.
Parmi les pommes analysées figuraient trois échantillons bio espagnols et un français.
Résultat : aucun résidu détecté dans les quatre.
L’Espagnole vient donc de passer le contrôle antidopage avec une insolente tranquillité.
Deuxième round : le conventionnel.
Cette fois, la France prend nettement l’avantage. Les pommes conventionnelles françaises contenaient en moyenne 1,3 résidu de pesticide par échantillon, contre 4,3 en Espagne.
L’agriculture espagnole intensive n’est donc pas une invention. Mais l’idée selon laquelle ses pesticides contamineraient forcément les pommes bio voisines ne résiste pas, ici, aux analyses : les trois bio espagnoles testées étaient sans résidu détectable.
Reste une botte secrète à la pomme française : l’économe.
D’autres études montrent que laver puis éplucher une pomme conventionnelle peut réduire certains résidus de 74,5 à 97,9 %. Une performance remarquable pour un ustensile généralement cantonné aux pommes de terre.
Verdict
Pour manger la peau et limiter les résidus, avantage à la pomme bio espagnole.
Pour une pomme conventionnelle française, lavage et épluchage réduisent très fortement l’exposition, sans garantir la disparition de toutes les molécules.
Nous étions partis avec une Française rassurante et une Espagnole un peu louche.
Après analyse, c’est finalement l’économe qui avait le plus de choses à se reprocher.
