Gaz : la hausse est arrivée au printemps. Mais c’est cet hiver qu’on risque de la sentir.

J’ai longtemps cru que le gaz avait une qualité remarquable : quand on ne le voit pas, on évite d’y penser. Puis arrive la facture. Et soudain, le gaz possède une présence considérable.
Au printemps, on a beaucoup parlé d’une hausse de 15,4 % du prix repère du gaz au 1er mai 2026. Présentée ainsi, l’information avait quelque chose d’inquiétant. Puis la CRE avait donné un autre chiffre : environ 6,19 € supplémentaires sur la facture moyenne du mois de mai. J’avoue avoir immédiatement préféré le deuxième.
Six euros, psychologiquement, c’est presque décevant. Le problème, c’est que nous étions en mai. Et en mai, sauf catastrophe météorologique ou attachement excessif au thermostat, on ne chauffe plus énormément.
La vraie question n’était donc pas tellement : « Combien cette hausse va-t-elle nous coûter en mai ? » Mais plutôt : « À quel prix arriverons-nous en novembre ? »
Septembre donne déjà une indication
Et là, les nouvelles sont moins reposantes. Nous sommes encore en août, mais la CRE publie chaque mois le prix repère du mois suivant. Celui de septembre 2026 est donc déjà connu.
Pour un ménage chauffé au gaz, le prix repère du kilowattheure passe de 0,12558 € en août à 0,13474 € en septembre 2026. Soit encore environ 7,3 % de hausse sur le prix du kWh en un mois.
Mais il y a plus intéressant. En avril, la référence des coûts d’approvisionnement utilisée par la Commission de régulation de l’énergie était de 29,84 €/MWh. En septembre, elle atteint 52,30 €/MWh. Une augmentation d’environ 75 %.
Précision importante avant que quelqu’un ne mette immédiatement sa chaudière sur Leboncoin : cela ne signifie évidemment pas que la facture totale augmente de 75 %. L’achat du gaz n’est qu’une partie de la facture. Il y a également le réseau, le stockage, les taxes et quelques autres lignes dont la principale fonction semble être de rappeler que la civilisation est une entreprise complexe.
Plusieurs hausses qui finissent par se rencontrer
Et justement, plusieurs de ces lignes ont elles aussi augmenté. Au 1er avril, le tarif lié au stockage a progressé de 23,8 %, soit environ 10 € supplémentaires par an pour un foyer chauffé au gaz.
Au 1er juillet, le tarif de distribution de GRDF a augmenté de 5,87 %, ce qui représente environ 1,5 % de hausse sur la facture totale TTC d’un ménage. Depuis le 1er août, l’accise sur le gaz est également passée de 16,39 à 16,66 €/MWh.
Aucune de ces augmentations, prise séparément, ne provoque l’effondrement d’une civilisation. Elles ont simplement cette fâcheuse habitude de se rencontrer sur la même facture.
Une facture théorique à près de 1 912 € par an
Prenons maintenant un foyer consommant environ 11 510 kWh de gaz par an. Si le prix repère de septembre restait identique pendant douze mois, sa facture théorique tournerait autour de 1 912 € par an, abonnement compris.
Ce n’est pas une prévision. Les prix du gaz évoluent chaque mois. Et personne ne peut aujourd’hui annoncer sérieusement le prix exact d’octobre, novembre ou janvier.
C’est précisément là que réside le problème. Car l’hiver concentre une grande partie de notre consommation annuelle. Une hausse au mois de mai peut passer presque discrètement. La même hausse en janvier possède généralement davantage de conversation.
L’hiver reste la grande inconnue
Pour l’instant, les marchés restent très incertains. Les tensions internationales ont fortement fait grimper les coûts d’approvisionnement, tandis que l’arrivée de nouvelles capacités de gaz naturel liquéfié pourrait aussi contribuer à détendre les prix.
Autrement dit, personne ne sait exactement combien nous paierons cet hiver. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que nous abordons la prochaine saison de chauffe avec un gaz nettement plus cher qu’au printemps. Et quelques petites augmentations supplémentaires déjà glissées dans la facture.
Il faudra donc surveiller attentivement les prochains prix repères publiés par la CRE.
Moi, en attendant, j’ai développé une nouvelle compétence énergétique.
Je regarde mon thermostat avec méfiance.
Sources : cre.fr • legifrance.gouv.fr • iea.org • acer.europa.eu
