Mulhouse : samedi, l’État sort les grands moyens. Et les commerçants retiennent leur souffle.

Une nouvelle mobilisation est annoncée samedi 24 octobre à Mulhouse. Après les violences du 17, les autorités préparent les renforts et les commerçants espèrent conserver leurs vitrines. On aurait préféré parler d’une brocante.

Illustration photoréaliste d'une cigogne casquée, devant un commerce de Mulhouse, avec deux policiers et un tram jaune sous la pluie
Image créée artificiellement

Samedi, Mulhouse pourrait retrouver les manifestants dans ses rues. On aurait préféré annoncer un concert ou une pénurie de kougelhopfs. Mais après les violences du 17 octobre, les commerçants ont des préoccupations moins folkloriques : conserver leurs vitrines, leurs marchandises et, si possible, leur santé mentale.

Des renforts, et même l’armée

Le préfet Emmanuel Aubry a réuni les responsables de la sécurité. Le gouvernement promet un dispositif « massif », des policiers plus nombreux, plus mobiles et capables d’intervenir rapidement. À l’échelle nationale, même les militaires de Sentinelle sont appelés en renfort pour protéger certains sites et libérer des policiers. On mobilise décidément beaucoup de monde pour rappeler qu’une manifestation n’est pas une opération portes ouvertes chez les commerçants.

Les casseurs sont priés de respecter les horaires

Dans le Haut-Rhin, la plupart des artifices sont interdits jusqu’au 2 novembre, tout comme l’achat de carburant en bidons sans justification. À Mulhouse, les mineurs non accompagnés ne pourront plus circuler dans certains secteurs du centre-ville entre 21 h et 6 h, du 23 au 30 octobre, sauf exceptions prévues par l’arrêté. Une précaution respectable, quoique les principales violences du samedi précédent aient eu lieu en plein jour. Les casseurs ont cette regrettable particularité de ne pas toujours consulter les horaires administratifs.

Le maire, Frédéric Marquet, annonce également des mesures supplémentaires, dont il préfère taire les détails. Pour une fois, nous n’allons pas reprocher à un responsable politique de parler moins.

Reste l’essentiel : les manifestants ont le droit d’exprimer leur colère. Les commerçants ont celui de ne pas en payer les réparations.

Quant à nous, notre ambition pour dimanche matin est devenue d’une modestie presque ridicule : pouvoir raconter une manifestation sans devoir dresser l’inventaire des vitrines brisées.


Sources

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