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	<title>Lutterbach &#8211; ActuRhin</title>
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	<description> les voix du Haut-Rhin</description>
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	<title>Lutterbach &#8211; ActuRhin</title>
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		<title>À Lutterbach, la météo a gagné : l’exposition aux 500 champignons est annulée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphane ROSSI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 07:20:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités locales]]></category>
		<category><![CDATA[À retenir]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
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					<description><![CDATA[Elle devait réunir quelque 500 espèces de champignons le 11 octobre à Lutterbach. La Société mycologique du Haut-Rhin vient d’annuler son exposition : après des mois de sécheresse, il n’y a tout simplement plus assez de champignons à montrer. Une première dont les mycologues se seraient volontiers passés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Elle devait réunir quelque 500 espèces de champignons le 11 octobre à Lutterbach. La Société mycologique du Haut-Rhin vient d’annuler son exposition : après des mois de sécheresse, il n’y a tout simplement plus assez de champignons à montrer. Une première dont les mycologues se seraient volontiers passés.</strong></p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons-1.jpg" alt="Exposition 2025 de la SMHR à Lutterbach avec la mention Annulée en rouge" width="700" height="525" class="wp-image-1723" srcset="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons-1.jpg 700w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons-1-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’exposition mycologique du 11 octobre 2026 à Lutterbach est annulée en raison de la sécheresse. Photo SMHR, montage ActuRhin.</figcaption></figure>
<p>Il ne restait plus qu’à convaincre les nuages.</p>
<p><a href="https://acturhin.fr/lutterbach-exposition-500-especes-champignons/">Nous l’avions écrit il y a quelques semaines</a>, avec une confiance qui paraît aujourd’hui légèrement présomptueuse.</p>
<p>Les nuages n’ont pas été convaincus.</p>
<p>La Société mycologique du Haut-Rhin vient d’annoncer l’annulation de son exposition prévue le <strong>11 octobre à <a href="https://acturhin.fr/tag/lutterbach/">Lutterbach</a></strong>. Elle espérait réunir environ <strong>500 espèces de champignons</strong> à la salle du Platane.</p>
<p>Cette fois, il n’y aura pas d’exposition.</p>
<h2>« Il n’y a strictement rien en forêt »</h2>
<p>Bernard Diss, président de la Société mycologique du Haut-Rhin, ne cherche pas à embellir la situation. La sécheresse, qu’il qualifie d’<strong>« historique et exceptionnelle »</strong>, a pratiquement vidé les forêts de leurs champignons. Les pluies espérées ne sont pas venues et aucune précipitation conséquente n’est annoncée assez rapidement pour sauver l’événement.</p>
<p>Même les espèces que le grand public connaît le mieux ont déserté : <strong>bolets, trompettes, girolles, pieds-de-mouton, russules</strong>.</p>
<p>« Il n’y a strictement rien en forêt », résume Bernard Diss.</p>
<p>C’est une phrase assez inquiétante lorsqu’elle est prononcée par quelqu’un qui passe justement beaucoup de temps à regarder ce qu’il y a dans les forêts.</p>
<p>Même certaines tourbières commencent à sécher.</p>
<p>La SMHR préfère donc renoncer plutôt que de présenter quelques champignons en nombre très limité, et peut-être dans un état médiocre, à des visiteurs habitués à des expositions beaucoup plus fournies.</p>
<h2>Une première dont ils se seraient bien passés</h2>
<p>Lors de notre premier échange, le scénario était pourtant tout autre. Une quinzaine de membres de la société prévoyaient de parcourir les vallées du Haut-Rhin, le Sundgau, la plaine et jusqu’au Doubs pour rassembler les centaines d’espèces nécessaires. Des sociétés de Franche-Comté et d’Allemagne devaient également apporter leurs récoltes.</p>
<p>L’organisation était prête.</p>
<p>Le champignon, beaucoup moins.</p>
<p>Bernard Diss nous avait déjà prévenus : la sécheresse constituait la grande inconnue de cette édition. À l’époque, les mycologues espéraient encore suffisamment de pluie pour relancer les poussées.</p>
<p>Ils ont attendu.</p>
<p>Puis attendu encore.</p>
<p>Et l’événement est suffisamment exceptionnel pour être souligné : <strong>de mémoire des membres de la SMHR, jamais une exposition n’avait encore été annulée à cause de la sécheresse</strong>.</p>
<p>Les successions de fortes chaleurs et le manque d’eau auront finalement eu raison de cette édition 2026. Et cette annulation raconte peut-être mieux que de longs relevés ce que vivent actuellement les forêts : parfois, l’absence constitue elle-même une information.</p>
<p>Bernard Diss le résume avec tristesse : <strong>« La météo aura eu le dernier mot pour cette année. »</strong></p>
<p>Pour une exposition qui devait réunir 500 espèces, le verdict est particulièrement efficace.</p>
<p><strong>Cette fois, même les champignons restent chez eux.</strong></p>
<h2>Sources</h2>
<p><strong>Bernard Diss, président de la Société mycologique du Haut-Rhin</strong> — échanges directs avec ActuRhin concernant la préparation puis l’annulation de l’exposition du 11 octobre 2026.</p>
<p><strong><a href="https://www.societe-mycologique-du-haut-rhin.org/" target="_blank" rel="noopener">Société mycologique du Haut-Rhin</a></strong> — informations sur l’exposition annuelle et les activités de l’association.</p>
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		<title>À Lutterbach, ils cherchent 500 espèces de champignons. Il ne manque plus que la pluie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphane ROSSI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 19:33:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sorties & événements]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Lutterbach]]></category>
		<category><![CDATA[sorties nature]]></category>
		<category><![CDATA[zone-mulhouse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 11 octobre, la Société mycologique du Haut-Rhin veut réunir à Lutterbach quelque 500 espèces de champignons. Une quinzaine de passionnés vont ratisser le Haut-Rhin et pousser jusqu’au Doubs. Tout est organisé. Sauf la pluie.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 11 octobre, la Société mycologique du Haut-Rhin veut réunir à Lutterbach quelque 500 espèces de champignons. Une quinzaine de passionnés vont ratisser le Haut-Rhin et pousser jusqu’au Doubs. Tout est organisé. Sauf la pluie.</strong></p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons.jpg" alt="Bernard Diss lors de l’exposition de champignons de la SMHR à Lutterbach" width="700" height="530" class="wp-image-1258" srcset="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons.jpg 700w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/lutterbach-exposition-500-especes-champignons-300x227.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption class="wp-element-caption">Exposition 2025 de la Société mycologique du Haut-Rhin à Lutterbach. Photo SMHR.</figcaption></figure>
<p>J’ai longtemps cru que chercher des champignons consistait à entrer dans une forêt avec un panier, à marcher vingt minutes et à revenir avec trois cèpes en expliquant qu’on avait « un coin ».</p>
<p>C’était une vision naïve.</p>
<p>Pour réunir <strong>500 espèces de champignons</strong> dans une salle à Lutterbach, le panier en osier ne suffit plus. Il faut une organisation qui ressemble davantage à une opération militaire, à ceci près que l’ennemi possède un chapeau et pousse dans la mousse.</p>
<p>Les jeudi et vendredi précédant l’exposition, <strong>une quinzaine de membres de la Société mycologique du Haut-Rhin</strong> vont parcourir les vallées du Haut-Rhin, le Sundgau, la plaine et même le Doubs. Des sociétés amies de Franche-Comté et d’Allemagne viendront compléter la récolte.</p>
<p>À ce niveau-là, ce n’est plus une cueillette.</p>
<p>C’est un recensement général de la République fongique.</p>
<h2>Cinq cents. Rien que les champignons</h2>
<p>Bernard Diss, président de la SMHR, apporte une précision importante : les <strong>500 espèces annoncées sont bien 500 espèces de champignons</strong>. Les lichens et les plantes à baies présentés lors de l’exposition viennent en plus.</p>
<p>Et ce chiffre, déjà impressionnant, ne représente qu’une petite partie de ce qui pousse dans la région. Selon lui, <strong>plus de 7 000 taxons de champignons sont recensés en Alsace</strong>, sans compter les lichens. Dit plus simplement : la diversité des champignons alsaciens se compte en milliers.</p>
<p>Moi qui étais déjà assez fier de savoir reconnaître un cèpe ou une chanterelle, je découvre que j’avais manifestement interrompu mes études beaucoup trop tôt.</p>
<p>Seulement, cette année, les 500 ne sont pas garantis.</p>
<p>Un membre essentiel de l’organisation n’a toujours pas confirmé sa présence.</p>
<p><strong>La pluie.</strong></p>
<p>Bernard Diss ne cache pas l’inquiétude : la météo est exceptionnellement sèche et les mycologues attendent désormais les précipitations avec une impatience que les organisateurs de festivals en plein air auraient beaucoup de mal à comprendre. À ce stade, il préfère ne promettre aucun chiffre.</p>
<p>On peut mobiliser quinze spécialistes, parcourir le Haut-Rhin, appeler le Doubs et demander du renfort à l’Allemagne. Si le ciel répond non, le champignon reste chez lui.</p>
<p>Il a ce pouvoir.</p>
<h2>Le comestible gagne toujours</h2>
<p>Une fois les spécimens installés sur les longues tables de la salle du Platane, toutes les espèces ne bénéficient évidemment pas de la même popularité.</p>
<p>Les visiteurs s’attardent sur les espèces atypiques, explique Bernard Diss, mais surtout sur les <strong>comestibles</strong>.</p>
<p>C’est rassurant.</p>
<p>Devant un organisme vivant inconnu, l’être humain se pose généralement deux questions : « Qu’est-ce que c’est ? » puis, assez rapidement, « Est-ce que ça se mange ? »</p>
<p>La seconde explique pourquoi les mycologues ont encore du travail.</p>
<p>Car nos forêts hébergent aussi des espèces <strong>toxiques et parfois mortelles</strong> : amanite phalloïde, autres amanites, clitocybes, cortinaires…</p>
<p>L’amanite phalloïde possède d’ailleurs une qualité remarquable chez un champignon mortel : elle n’éprouve aucun besoin particulier d’avoir l’air méchante.</p>
<p>Elle pousse, elle attend et elle laisse les humains prendre leurs décisions.</p>
<h2>Et ils sont encore surpris</h2>
<p>Après des années à parcourir les forêts, on pourrait croire que les mycologues ont fini par connaître tout le monde.</p>
<p>Pas du tout.</p>
<p>Bernard Diss explique qu’ils découvrent encore chaque année <strong>100 à 150 espèces nouvelles dans le cadre de leurs recherches</strong>, notamment parce que certains membres se consacrent davantage qu’autrefois à leur recherche. La société s’est également lancée dans l’étude des <strong>micromycètes</strong>, ces champignons microscopiques qui ont trouvé une méthode particulièrement efficace pour passer inaperçus.</p>
<p>C’est peut-être ce qui rend cette exposition plus intéressante qu’un simple alignement de paniers.</p>
<p>L’édition 2025 remplissait déjà largement la salle du Platane : longues tables couvertes de spécimens, panneaux pédagogiques, plantes à baies et visiteurs penchés sur les récoltes.</p>
<p>Cette année, les mycologues sont prêts.</p>
<p>Le Haut-Rhin est prêt. Le Doubs est prévenu. L’Allemagne apporte du renfort.</p>
<p><strong>Il ne reste plus qu’à convaincre les nuages.</strong></p>
<h2>Infos pratiques</h2>
<div style="background:#f4f4f4;padding:18px 22px;border-radius:4px;">
<ul>
<li><strong>Date :</strong> dimanche 11 octobre 2026</li>
<li><strong>Horaires :</strong> de 9 h à 18 h</li>
<li><strong>Lieu :</strong> salle du Platane, 5 rue Aristide-Briand à Lutterbach</li>
<li><strong>Tarif :</strong> 4 € ; gratuit pour les moins de 12 ans</li>
<li><strong>Identification :</strong> les visiteurs peuvent apporter leurs propres champignons pour les faire déterminer ; ils doivent être entiers, pied compris</li>
<li><strong>Sur place :</strong> buvette et petite restauration</li>
<li><strong>Organisateur :</strong> Société mycologique du Haut-Rhin</li>
</ul>
</div>
<p>Le site officiel de la SMHR confirme sa grande exposition annuelle de champignons, plantes à baies sauvages et lichens le <strong>11 octobre 2026 à la salle du Platane</strong>. Les horaires, le tarif, l’adresse et la possibilité de faire identifier ses propres récoltes sont également annoncés dans le programme de l’événement.</p>
<h2>Sources</h2>
<p><strong><a href="https://www.societe-mycologique-du-haut-rhin.org/" target="_blank" rel="noopener">Société mycologique du Haut-Rhin</a></strong> — programme et site officiel de l’association.</p>
<p><strong>Bernard Diss, président de la SMHR</strong> — réponses écrites adressées à ActuRhin sur les récoltes, la sécheresse, les espèces présentées et le travail des mycologues.</p>
<p><strong>Reportage photographique de l’exposition 2025 à Lutterbach</strong> — photographies réalisées par Philippe Defranoux.</p>
<p><strong><a href="https://www.estrepublicain.fr/pour-sortir/loisirs/Exposition/Autres-expositions/Alsace/Haut-rhin/Lutterbach/2026/10/11/Exposition-de-champignons-et-plantes-a-baies" target="_blank" rel="noopener">L’Est Républicain</a></strong> — fiche pratique de l’exposition 2026.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>À l’Ehpad de Lutterbach, les portes se ferment aux nouveaux résidents</title>
		<link>https://acturhin.fr/ehpad-lutterbach-admissions-suspendues/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alain Scherrer]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 20:57:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités locales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutterbach]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[zone-mulhouse]]></category>
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					<description><![CDATA[À Lutterbach, l’Ehpad Les Fontaines n’accueille plus de nouveaux résidents. Après plusieurs plaintes de familles et une inspection surprise de l’ARS et de la Collectivité européenne d’Alsace, les admissions ont été suspendues. Une histoire de personnel, de qualifications… et de portes qui, elles, se sont parfois ouvertes un peu trop facilement.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="acturhin-chapo wp-block-paragraph"><strong>À <a href="https://acturhin.fr/tag/lutterbach/">Lutterbach</a>, l’Ehpad Les Fontaines n’accueille plus de nouveaux résidents. Après plusieurs plaintes de familles et une inspection surprise de l’ARS et de la Collectivité européenne d’Alsace, les admissions ont été suspendues. Une histoire de personnel, de qualifications… et de résidents qui, selon les informations rapportées par les DNA, auraient quitté l’établissement à l’insu du personnel.</strong></p>



<figure class="wp-block-kadence-image kb-image1093_fef07e-16 size-full"><img decoding="async" width="700" height="525" src="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/ehpad-les-fontaines-lutterbach.jpg" alt="" class="kb-img wp-image-1096" srcset="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/ehpad-les-fontaines-lutterbach.jpg 700w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/09/ehpad-les-fontaines-lutterbach-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un Ehpad, certaines choses doivent rester ouvertes : les oreilles, les yeux, éventuellement les fenêtres quand il fait chaud. Lorsqu’on accueille des personnes atteintes de troubles cognitifs, les sorties non prévues demandent, elles, une vigilance particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juin, selon les informations rapportées par les DNA, <strong>quatre sorties de résidents à l’insu du personnel auraient été signalées en moins d’un mois</strong> aux Fontaines de Lutterbach. Autrement dit, des résidents auraient quitté l’établissement sans que leur départ soit immédiatement repéré. Le genre d’incident dont une maison de retraite se passerait volontiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les familles avaient déjà commencé à tirer la sonnette. Le 19 août, l’Agence régionale de <a href="https://acturhin.fr/tag/sante/">santé</a> et la Collectivité européenne d’Alsace ont donc mené une <strong>inspection inopinée</strong>. À l’arrivée : des interrogations sur les effectifs, mais aussi sur la qualification de certains salariés. Les autorités ont décidé de <strong>suspendre les nouvelles admissions à Lutterbach</strong> jusqu’à la levée de leurs réserves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus embarrassant est que le dossier n’est pas tout neuf. En 2023 déjà, les autorités avaient constaté à Lutterbach une <strong>carence en personnel soignant qualifié</strong> et un défaut d’organisation entraînant un défaut de prise en charge des résidents. La situation avait été jugée suffisamment préoccupante pour placer Les Fontaines sous <strong>administration provisoire</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l’affaire avait duré. En février 2024, l’administration provisoire a même été prolongée de six mois. L’arrêté officiel concernant Lutterbach demandait encore de <strong>sécuriser la qualification des soignants</strong>, notamment celle des aides-soignants diplômés, alors jugés insuffisants en nombre et en proportion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans plus tard, nous revoilà donc devant la même porte, avec une question assez simple : <strong>qu’est-ce qui a réellement changé depuis ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe Cortille, anciennement Bridge, affirme être en cours de recrutement d’aides-soignants et d’infirmiers en CDI et évoque les difficultés de recrutement rencontrées par les Ehpad, particulièrement fortes dans une région frontalière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une explication. Reste à savoir si elle suffit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un établissement accueillant des personnes vulnérables, les questions d’effectifs et de qualification dépassent rapidement le simple cadre des ressources humaines : elles concernent directement les conditions de prise en charge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Lutterbach, l’affaire reste donc aussi une affaire de portes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Collectivité européenne d’Alsace / ARS Grand Est — arrêté conjoint du 28 février 2024</strong><br><span style="font-size:0.82em; line-height:1.4;">prolongeant l’administration provisoire des trois Ehpad Les Fontaines. Pour le site de Lutterbach, le document demande notamment de sécuriser la qualification des soignants et constate un nombre insuffisant d’aides-soignants diplômés.</span></li>



<li><strong>Sénat — réponse du Gouvernement publiée le 16 mai 2024</strong><br><span style="font-size:0.82em; line-height:1.4;">à la question de la sénatrice Patricia Schillinger sur les Ehpad du groupe Bridge : les dysfonctionnements constatés dans les établissements Les Fontaines portaient principalement sur des effectifs insuffisants.</span></li>



<li><strong>Collectivité européenne d’Alsace — rapport de septembre 2023</strong><br><span style="font-size:0.82em; line-height:1.4;">la situation était alors qualifiée de « très dégradée », particulièrement sur les sites de Lutterbach et Kembs, conduisant l’ARS et la CEA à mobiliser une avance de trésorerie de 400 000 euros pour l’administrateur provisoire.</span></li>



<li><strong>DNA, 4 septembre 2026 — « Inspection surprise et suspension des admissions aux Ehpad Les Fontaines »</strong><br><span style="font-size:0.82em; line-height:1.4;">quatre sorties de résidents à l’insu du personnel auraient été signalées à Lutterbach en moins d’un mois en juin ; les admissions sont suspendues après l’inspection du 19 août.</span></li>



<li><strong>ICI Alsace, 9 septembre 2026 — « L’Agence régionale de santé suspend toute nouvelle admission dans deux Ehpad à Horbourg-Wihr et Lutterbach »</strong><br><span style="font-size:0.82em; line-height:1.4;">confirmation de la suspension des admissions et des difficultés portant notamment sur les effectifs et les qualifications.</span></li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi Lutterbach, Pfastatt, Richwiller et Reiningue portent-ils ces noms ?</title>
		<link>https://acturhin.fr/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphane ROSSI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Aug 2026 08:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Patrimoine & histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Lutterbach]]></category>
		<category><![CDATA[Pfastatt]]></category>
		<category><![CDATA[Reiningue]]></category>
		<category><![CDATA[Richwiller]]></category>
		<category><![CDATA[toponymie]]></category>
		<category><![CDATA[zone-mulhouse]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous habitons parfois dans le même village depuis trente ans. Nous connaissons la boulangerie, les raccourcis, les travaux qui ne raccourcissent rien et la rue dans laquelle deux voitures peuvent théoriquement se croiser, à condition que l’une d’elles soit une bicyclette. En revanche, nous ignorons souvent pourquoi notre village porte ce nom. J’ai donc décidé...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-kadence-image kb-image184_62adcf-80 size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue.jpg" alt="Illustration consacrée à l’origine des noms de Lutterbach, Pfastatt, Richwiller et Reiningue dans le Haut-Rhin." class="kb-img wp-image-185" srcset="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue.jpg 800w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue-300x300.jpg 300w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue-150x150.jpg 150w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/origine-noms-lutterbach-pfastatt-richwiller-reiningue-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Quatre communes du Haut-Rhin dont les noms racontent plusieurs siècles d’histoire et de transformations linguistiques.</figcaption></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Nous habitons parfois dans le même village depuis trente ans. Nous connaissons la boulangerie, les raccourcis, les travaux qui ne raccourcissent rien et la rue dans laquelle deux voitures peuvent théoriquement se croiser, à condition que l’une d’elles soit une bicyclette. En revanche, nous ignorons souvent pourquoi notre village porte ce nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donc décidé de mener l’enquête. Ce fut une erreur. Car l’étymologie des villages alsaciens est une discipline dans laquelle trois spécialistes peuvent défendre quatre hypothèses différentes, toutes avec une assurance qui vous interdit immédiatement de poser une seconde question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une chose est certaine : les noms de nos communes sont très anciens. Ils ont traversé les langues, les guerres, les administrations et les secrétaires de mairie. Il est déjà remarquable qu’ils soient encore reconnaissables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lutterbach : le mystère du ruisseau clair</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot « Bach » signifie « ruisseau » en allemand. Jusque-là, tout va bien. Le problème commence avec « Lutter ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’explication la plus connue fait venir le nom de « Lauter Bach », c’est-à-dire « le ruisseau clair » ou « le ruisseau pur ». Lutterbach serait donc né au bord d’une eau si limpide que l’on pouvait probablement y distinguer les poissons, les cailloux et les déchets du voisin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre hypothèse propose une origine beaucoup plus ancienne. Le radical « Lutter » pourrait venir du gaulois « lautron », qui aurait désigné un bassin ou un lieu de baignade. Lutterbach pourrait donc être le ruisseau clair, le lieu du bain ou un mélange des deux, selon l’époque, la langue et l’humeur du linguiste interrogé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom apparaît déjà dans un document de l’année 735, sous une forme très proche de celle que nous connaissons aujourd’hui. Après près de treize siècles, il n’a donc finalement pas tellement changé. Ce qui est davantage que l’on puisse dire de certaines rues après six mois de travaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pfastatt : les prêtres qui n’étaient peut-être pas là</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pfastatt est le genre de nom que l’on renonce à prononcer correctement dès que l’on aperçoit les deux premières consonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, on l’a rapproché de l’expression allemande « Pfaffen Statten ». « Pfaffen » désignerait les prêtres, tandis que « Statten » évoquerait le lieu ou l’emplacement. Pfastatt serait donc « le lieu des prêtres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette explication est très séduisante. Elle est claire, religieuse et donne immédiatement envie d’imaginer une réunion d’ecclésiastiques choisissant l’emplacement du futur rond-point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, une forme beaucoup plus ancienne du nom apparaît dès 790 : « Findstatinse ». Selon une autre hypothèse, ce nom serait issu de deux racines celtiques : « vindo », qui signifie blanc ou clair, et « ialos », qui désigne une clairière. Pfastatt aurait donc été, à l’origine, « la clairière blanche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque cet ancien nom est devenu incompréhensible, les habitants l’auraient progressivement rapproché de mots germaniques qu’ils connaissaient. C’est ce que les spécialistes appellent une « remotivation » : on prend un vieux nom dont plus personne ne comprend le sens et on lui trouve une explication plus familière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un principe que j’utilise moi-même très souvent. Lorsque je ne comprends pas quelque chose, je lui trouve également une explication. La différence est que je ne donne généralement pas mon nom à une commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Richwiller : le village riche qui ne l’était pas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom de Richwiller semble facile à traduire. « Rich » : riche. « Willer » : village. Richwiller serait donc « le village riche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est simple, élégant et probablement faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La commune rappelle elle-même que Richwiller fut autrefois l’un des villages les plus pauvres du Haut-Rhin. À la Révolution, lorsque les domaines de la seigneurie furent vendus, plusieurs communes voisines purent en acheter. Richwiller, trop pauvre, ne le put pas. Le nom avait donc un sens de l’humour particulièrement cruel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une hypothèse locale fait venir « Rich » de l’ancien allemand « Reich », qui aurait pu désigner un terrain clôturé pour le bétail. « Willer », dérivé de « Weiler », signifie bien hameau ou petit village. L’ancien « Reichweiler », mentionné dans les archives au XIVe siècle, pourrait donc signifier quelque chose comme « le hameau de l’enclos » ou « le village du terrain clôturé ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est moins prestigieux que « le village riche », mais probablement plus pratique lorsque l’on possède plusieurs vaches ayant tendance à contester les limites cadastrales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants peuvent néanmoins se rassurer : avec l’arrivée de l’industrie de la potasse, Richwiller est ensuite devenue une commune beaucoup plus prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom avait simplement plusieurs siècles d’avance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reiningue : le Rhin ou un certain Raino ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À première vue, Reiningue semble forcément avoir quelque chose à voir avec le Rhin. Les deux noms se ressemblent, nous sommes en Alsace et il y a de l’eau dans les environs. L’enquête paraissait terminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une ancienne hypothèse relie effectivement le nom à un mot gaulois associé à un cours d’eau. Cette explication est séduisante, notamment parce qu’une ancienne source aurait existé près de l’actuelle église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, les formes les plus anciennes du nom racontent probablement une autre histoire. Reiningue apparaît sous la forme « Reiningen » dès l’année 837. La terminaison germanique « -ingen » servait généralement à désigner la famille, les gens ou le domaine appartenant à une personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le début du nom pourrait venir d’un ancien prénom germanique : « Raino » ou « Ragino ». Reiningen aurait donc signifié « le domaine de Raino » ou « le lieu habité par les gens de Raino ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Raino n’était donc probablement pas le Rhin. C’était un homme. Ce qui est légèrement moins majestueux, mais nettement plus pratique pour posséder des terres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne savons presque rien de lui. Il avait probablement une famille, quelques terrains et aucune idée de la réussite exceptionnelle de son opération immobilière. Environ douze siècles plus tard, son nom est encore prononcé quotidiennement par des milliers de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Connaissez-vous d’autres explications, légendes ou anciennes prononciations alsaciennes concernant nos villages ? N’hésitez pas à les partager dans les commentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les historiens vérifieront. Et les autres inventeront.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources consultées pour les hypothèses historiques et étymologiques :</strong> histoire-lutterbach.com · pfastatt.fr · richwiller.fr · wikipedia.org</p>
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		<title>Lalance : l’hôpital de Lutterbach qui a traversé deux guerres… et trouvé un trésor romain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphane ROSSI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 12:33:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Patrimoine & histoire]]></category>
		<category><![CDATA[histoire locale]]></category>
		<category><![CDATA[Lutterbach]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine alsacien]]></category>
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					<description><![CDATA[À Lutterbach, il existe un endroit que beaucoup connaissent de nom sans forcément connaître son histoire. Lalance. Un hôpital, un grand parc, quelques bâtiments que l’on aperçoit derrière les arbres. Rien qui laisse vraiment deviner ce qui s’est passé ici depuis plus d’un siècle. Et pourtant, derrière ce parc tranquille se cache un établissement qui...]]></description>
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<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:500">À Lutterbach, il existe un endroit que beaucoup connaissent de nom sans forcément connaître son histoire. <strong>Lalance.</strong> Un hôpital, un grand parc, quelques bâtiments que l’on aperçoit derrière les arbres. Rien qui laisse vraiment deviner ce qui s’est passé ici depuis plus d’un siècle.</p>



<figure class="wp-block-kadence-image kb-image149_6ea2bc-62 size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/Lalance.jpg" alt="Ancien sanatorium Lalance à Lutterbach, établissement historique devenu centre de rééducation" class="kb-img wp-image-150" srcset="https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/Lalance.jpg 800w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/Lalance-300x300.jpg 300w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/Lalance-150x150.jpg 150w, https://acturhin.fr/wp-content/uploads/2026/08/Lalance-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>L’ancien sanatorium Lalance à Lutterbach a traversé deux guerres mondiales avant de devenir un centre de soins médicaux et de réadaptation.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, derrière ce parc tranquille se cache un établissement qui a connu la tuberculose, deux guerres mondiales, des soldats allemands, des soldats français, plus d’une centaine d’obus et même quelques milliers de pièces romaines. Pour un endroit où l’on vient aujourd’hui faire de la rééducation, le passé manque singulièrement de repos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tout commence par un enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence en <strong>1903</strong>. Auguste Lalance et son épouse Amélie n’ont pas d’enfant. Ils viennent de perdre un neveu, emporté par la tuberculose, qu’ils considéraient comme leur propre fils. De ce drame va naître une idée assez extraordinaire : créer un établissement destiné à lutter contre cette maladie. Le couple met à disposition une propriété de plus de cinq hectares entre Lutterbach et Pfastatt, ainsi qu’une importante somme d’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À une époque où les antibiotiques n’existent pas encore, on ne soigne pas la tuberculose comme aujourd’hui. On prescrit du repos. De l’air. Du soleil. Et probablement beaucoup de patience, ce médicament formidable dont personne n’a jamais réussi à fixer la posologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En 1912, un sanatorium étonnamment moderne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier bâtiment est achevé en <strong>1912</strong>. Il porte le prénom du neveu disparu : <strong>Amédée</strong>. Le premier enfant y est accueilli le 20 février. Lalance est alors un sanatorium pour enfants. Et pour son époque, l’endroit est étonnamment moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bâtiment possède de vastes galeries ouvertes, de grandes baies vitrées, une ventilation étudiée, des surfaces faciles à nettoyer et même des angles arrondis pour éviter que la poussière ne s’accumule. On avait déclaré la guerre au bacille. Même les coins de murs étaient mobilisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le toit se trouve une grande terrasse. Les enfants y sont installés sur des chaises longues pour profiter du soleil. Le parc n’est donc pas simplement un joli décor autour de l’hôpital.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il faisait partie du traitement.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On y cherchait l’air, le calme et la lumière. Des pins avaient même été plantés parce qu’on leur prêtait à l’époque des vertus bénéfiques pour les poumons. La médecine a depuis légèrement révisé le dossier du pin. L’arbre n’en a pas pris ombrage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’établissement possédait également un ascenseur électrique suffisamment grand pour transporter un enfant directement dans son lit. Il y avait des monte-plats électriques, une installation permettant d’évacuer le linge sale, un système destiné à limiter la poussière, des salles d’opération, un cabinet dentaire et même une chapelle. En <strong>1912</strong>. Personnellement, certains hôtels où j’ai dormi récemment étaient moins bien équipés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Puis arrive la Première Guerre mondiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Puis arrive <strong>1914</strong>. Et comme souvent dans l’histoire alsacienne, lorsqu’un établissement vient enfin de trouver son rythme, quelqu’un déclenche une guerre. Le sanatorium est réquisitionné par l’armée allemande. Il devient le <strong>Feldlazarett n°14</strong>, un hôpital militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des enfants repartent. Quelques-uns, incapables de rejoindre leurs familles, restent encore plusieurs mois. Une femme va particulièrement marquer cette période : la directrice de l’établissement, <strong>Valérie Spenlé</strong>. En 1915, elle refuse de prêter son concours aux médecins militaires allemands et encourage le personnel à partir. Les autorités apprécient modérément. Elle est expulsée. Il existe des carrières professionnelles plus tranquilles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin de la Première Guerre mondiale, nouveau changement. Auguste Lalance met cette fois l’établissement à disposition de l’armée française. Le sanatorium devient un hôpital pour malades contagieux pendant la démobilisation. Il faudra attendre <strong>1920</strong> pour que les enfants puissent revenir. Auguste Lalance meurt cette même année. Amélie l’année suivante. Mais leur œuvre leur survit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lalance devient une institution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1920 et 1930, l’établissement se développe considérablement. Un préventorium accueille également des adolescentes considérées comme particulièrement exposées à la tuberculose. Lalance gagne en réputation. En <strong>1923</strong>, le sanatorium reçoit même le Grand Prix de l’Exposition Pasteur de Strasbourg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande devient telle qu’il faut parfois refuser des enfants. En 1935, l’établissement dispose de <strong>126 lits</strong>. On pourrait croire que l’histoire va enfin devenir calme. Ce serait très mal connaître le XXe siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une deuxième guerre et plus d’une centaine d’obus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Arrive la Seconde Guerre mondiale. Les autorités allemandes reprennent le site. Il redevient un établissement pour enfants jusqu’en 1944. Puis viennent les combats de la Libération. Lalance est pris dans la bataille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bâtiments auraient reçu <strong>plus d’une centaine d’obus</strong>. Plus de cent. À ce stade, ce n’est plus de la malchance. C’est de l’acharnement administratif de l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’établissement est pourtant reconstruit. En <strong>1951</strong>, un centre modernisé de 107 lits est inauguré. Puis la médecine change. Les antibiotiques bouleversent le traitement de la tuberculose. Le sanatorium doit donc se réinventer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’oriente progressivement vers les maladies pulmonaires. En 1967, il devient le <strong>Centre de pneumo-phtisiologie Lalance</strong>. Puis, en <strong>1983</strong>, le <strong>Centre Médical Lalance</strong>, avec notamment le développement de la réadaptation cardiaque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et soudain, un trésor romain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait s’arrêter là. Mais Lalance avait visiblement encore une anecdote en réserve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En <strong>1978</strong>, des ouvriers creusent une tranchée pour une canalisation dans l’enceinte de l’établissement. Ils s’attendent vraisemblablement à trouver de la terre. C’est généralement le principe d’une tranchée. Ils tombent sur un trésor gallo-romain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs milliers de monnaies de bronze auraient été découvertes. Une partie sera malheureusement dispersée avant de pouvoir être étudiée. J’aime beaucoup cette scène. Vous partez installer une canalisation dans un centre médical. Quelques minutes plus tard, vous êtes dans l’Empire romain. Lutterbach sait recevoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qu’est Lalance aujourd’hui</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Lalance n’est plus un sanatorium. Il s’agit d’un <strong>centre de soins médicaux et de réadaptation</strong> de l’UGECAM Alsace. On y accueille notamment des patients en réadaptation cardiovasculaire et respiratoire, ainsi que pour certaines prises en charge nutritionnelles et de médecine polyvalente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il dispose d’installations de réentraînement à l’effort, d’un gymnase, d’équipements spécialisés et d’un espace de balnéothérapie. Et surtout… il y a toujours le parc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus d’un siècle après les premiers enfants installés dehors pour profiter de l’air et du soleil, les patients y marchent encore aujourd’hui dans le cadre de leur réadaptation. Évidemment, la médecine de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celle de 1912. Heureusement. Mais il y a quelque chose d’assez émouvant dans cette continuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant plus de cent ans, on a changé les traitements. On a changé les machines. On a changé les bâtiments. On a changé de pays plusieurs fois sans même déplacer Lutterbach, ce qui reste une spécialité régionale. Mais au milieu de tout cela, les arbres sont restés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un parc au CV assez prétentieux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors la prochaine fois que vous passerez près de Lalance, vous regarderez peut-être ce parc un peu différemment. Il a vu passer des enfants malades, des militaires, des obus, des médecins, des générations de patients… et même quelques milliers de pièces romaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un simple parc à Lutterbach, il a quand même un CV assez prétentieux. Il restait juste à découvrir tout ce qu’il avait à raconter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources :</strong> histoire-lutterbach.com — Association d’Histoire de Lutterbach ; docomomo.fr — documentation patrimoniale sur le sanatorium Lalance ; persee.fr — archives et publications archéologiques, notamment sur le trésor monétaire ; groupe-ugecam.fr — Centre de rééducation Lalance, fonctionnement actuel ; has-sante.fr — Haute Autorité de Santé, certification et données sur l’établissement ; etablissementsdesante.fr — avis et informations complémentaires.</p>
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